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رسالتي إليك يا ولدي في اليوم 341 من الحكم الجائر و اليوم 694 من الاعتقال التعسفي.

 Merci notre ami pour ce témoignage si éloquent et si sincère.




رسالتي إليك يا ولدي في اليوم 341 من الحكم الجائر و اليوم 694 من الاعتقال التعسفي.
رسالة اليوم هي شهادة من صديق عزيز، هو الصحافي صلاح الدين لمعيزي الذي أبى إلا أن يساهم معنا في هذه الرسائل/ الشهادات والتي ستبقى للتاريخ.
الصحافي صلاح الدين لمعيزي من بين الأصدقاء الذين حضروا باستمرار مع عمر كل أشواط التقاضي منذ استنطاقات الفرقة الوطنية للشرطة القضائية، الى الوقفات والاعتصامات وهو حاضر دوما الى جانب العديد من الأصدقاء والصديقات للتضامن مع عمر و معنا ومع باقي معتقلي الرأي.
أترككم مع شهادته بالفرنسية في حق عمر الراضي، قراءة ممتعة.
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Omar Radi a été au carrefour de plusieurs de mes rencontres militantes, professionnelles et personnelles. Quand je jette un coup d’œil sur le rétroviseur de ces 16 dernières années, je me rends compte qu’Omar a toujours été là pour aider, guider ou proposer. En fait, Omar est un tisseur de liens.
Dans un monde militant inhumain ou dans un milieu journalistique égoïste et égocentriste, Omar était une exception. Il sortait du carcan militant et « journaleux ». Il pensait et agissait hors des sentiers battus. Il est un électron libre. Il est un danger pour tous ces milieux. Il était surtout un danger pour le « système ».
Le danger d’Omar était son éternel sourire. Le danger d’Omar est sa générosité. Le danger d’Omar est sa capacité à rassembler, là où le système fait tout pour diviser. Omar était un humain librement dangereux.
L’adhésion à ATTAC : Ce « rasta » qui tisse des liens
J’ai rencontré Omar pour la première fois en mars ou avril 2006. J’avais trouvé son numéro sur le site d’ATTAC Maroc. Je souhaitais rejoindre cette association. J’y allais avec appréhension car j’avais essayé d’avoir un rendez-vous avec un membre quelques mois auparavant, mais il ne s’est jamais présenté. En revanche, Omar s’est présenté à l’heure ce samedi après-midi.
On avait pris un café au Cinéma ABC. On avait discuté une demi-heure. Il a dû partir car il était pressé et il avait un autre rdv (comme c’était toujours son cas 😊. Il m’avait laissé une bonne impression. J’avais une crainte de rejoindre une association « gauchiste » avec leurs vieux réflexes, or je retrouvais dans Omar, un représentant d’une association jeune, ouverte sur le monde, internationaliste. Nous étions sur la même longueur d’ondes. La question n’était pas idéologique, mais dans l’état d’esprit.
Quelques jours après, je parle de cette rencontre à Majdouline, et de ce café avec ce jeune Rasta cultivé. Et le monde est petit. Omar était un grand ami de classe de Majdouline durant toute la période du lycée. Cette connaissance commune a joué certainement dans notre adhésion à ATTAC. Majdouline et moi, qui avions une allergie à adhérer face aux organisations, nous avions trouvé en Omar un gage de confiance et d’ouverture d’esprit. Omar est ce jeune homme qui tisse des liens.
Omar, ce miracle politique
Omar était ce jeune militant qui ne connaissait pas l’impossible. Parmi les nombreuses actions qu’Omar a mené durant cette période de militantisme à ATTAC, je pourrais citer la constitution du Club conscience estudiantine à la Faculté d’économie de la Route d’El Jadida.
Moi qui ne connaissais rien à l’histoire et à la réalité de la scène militante au sein des universités marocaines, je peux dire aujourd’hui que ce Club était un miracle politique. Je pèse mes mots. Seul un militant comme Omar peut rassembler autour de lui, négocier avec finesse dans un environnement extrêmement hostile quadrillé par le makhzen et par les islamistes. Ce club a été le lieu d’éclosion et d’expression de nombreux militant-e-s. C’était un rêveur qui avait les pieds sur terre.
Omar est aussi un militant et un citoyen qui rassemble des univers différents. Des milieux qui ne pouvaient pas se fréquenter, où que l’Etat ne veut pas qu’ils se rencontrent. C’est grâce à l’ouverture d’esprit et l’aisance d’Omar, qu’ATTAC a pu prendre part au Boulevard. ATTAC y prendra part à deux reprises avec un stand en 2007 et 2008.
C’était encore une fois une prouesse. Quand Omar propose l’idée lors d’une réunion de la section de Casablanca, tenue au siège de l’association Tamaynout, certains ont fait la moue. D’autres comme moi, ne pensaient pas que ça serait possible. Omar était convaincu de la faisabilité de cette idée. Et que c’était notre droit d’y être. Omar est parti voir les organisateurs, négocier avec eux, subir quelques fois leurs commentaires moqueurs du type : « Des anti-mondialisation participeraient à un évènement financé par des sponsors privés ». Omar encaissait des coups mais savait aussi en donner. Il était fair-play et jovial. On obtient finalement notre stand, grâce au franc-parler et à la pugnacité d’Omar. C’était une superbe expérience.
C’était l’époque du Boulevard avec des grandes scènes au COC et au RUC. Un monde fou y assistait. La jeunesse venait découvrir ses musiciens préférés, et jeter un coup d’œil curieux sur cette bande de militants avec leur brochure anti-privatisation, anti-pub, anti-système. L’engouement était là, grâce à Omar. Que ce fait d’armes fait d’Omar un Marocain dangereux pour le « système ». Depuis notre premier stand, l’AMDH, des associations Féministes et plusieurs ONG ont commencé à prendre part au Boulevard. On ne remerciera jamais assez Omar pour cette action.
La révolte comme ligne éditoriale
Sur le plan professionnel, Omar a toujours été présent, a toujours compté pour moi. Même si nous avions emprunté des chemins différents et des choix, parfois, opposés. Dans l’exercice du métier de journaliste, il avait l’entraide comme devise. La révolte comme ligne de conduite. Le respect mutuel comme déontologie personnelle et professionnelle.
L’entraide, c’était le jour où il m’envoie une base de contacts précieuse avec des centaines de pages de téléphones. C’était un outil inestimable pour le jeune journaliste que j’étais en 2009. L’acte qu’il a posé est juste impossible dans un métier où les contacts sont la denrée rare, que chaque journaliste cultive secrètement. Pour Omar, c’était un acte normal. Cette base de données récupérée chez un ancien employeur devait servir aussi à d’autres journalistes. C’était la générosité en acte.
La révolte, c’était le jour où il démissionne de chez Med Radio et refuse la censure imposée par le patron de cette radio privée. A l’époque, nous avions le même employeur, je travaillais à L’Observateur du Maroc qui appartenait au même groupe. Omar m’appelle pour me dire qu’il a quitté et que l’ambiance de travail n’était pas correcte et qu’il a signifié ça au patron. Omar posait ces actes de révoltes dans un milieu conformiste comme celui du journalisme au Maroc. Une révolte qui lui vaudrait d’être persona non grata chez beaucoup de médias dit indépendants de la place. Honte à eux, honneur à Omar qui n’a jamais trahi ses principes.
Je peux écrire encore des pages et des pages sur Omar et sa générosité en actes, son dangereux humanisme. Mais Omar est encore là. Omar retrouvera sa liberté, grâce à nos luttes. Mais j’ai un regret, comme peut-être beaucoup de ses ami-e-s.
Durant les dernières années, nous avons laissé à des rapaces, des chiens, des profiteurs, le loisir d’accaparer toute cette générosité, cette bonté, ce don de soi qu’a Omar. Ce dernier était certainement bien conscient de ces stratagèmes malveillants, mais nous avions aussi la responsabilité de le soutirer entre les mains et les griffes d’une bande de chiens. Je n’oserais pas faire à Omar un reproche, lui qui est privé de liberté. Mais je me fais un reproche, comme je blâme tous ses ami-e-s et camarades d’avoir laissé Omar au sein d’un milieu toxique qui a profité de son talent et sa générosité, pour aujourd’hui disparaître ou même devenir une pièce maîtresse dans l’appareil d’inquisition contre lui.
Mais Omar n’a pas dit son dernier mot. Omar sera de retour parmi nous, libre, indépendant et brillant.
Salaheddine Lemaizi, journaliste et militant d’ATTAC Maroc.

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